20 septembre 2010

"Quand vient la fin de l'été..."

1er septembre : ça y est, c’est reparti. J’ai pas dormi de la nuit.

Non, je ne suis pas un pauvre stagiaire qui a déjà le bide qui se retourne à l’idée de se coltiner 18 heures avec 30 fauves en furie sans avoir jamais enseigné.

Non, je ne me retrouve pas dans un bahut inconnu où tous les anciens se tapent dans le dos en se racontant leurs vacances à Hendaye alors que toi tu te retrouves tout seul comme un con au milieu de cette foule qui ricane bêtement en comparant son bronzage.


C’est ma troisième rentrée ici et je fais déjà partie des murs : et vas-y que je te bizouille le gestionnaire, que je t’avale un max de pépitos en demandant à Carole pourquoi elle a doublé de volume en deux mois (« Bah dis donc t’as abusé de la bière cet été ma grande ! Ah t’es enceinte ? Félicitations ! ») et que je te soudoie la secrétaire pour avoir mon emploi du temps avant tout le monde (mais ça marche jamais. Ah la garce !).

La nuit a donc été étonnamment courte, mais plus par excitation que par stress (comme une gamine avant d’aller voir Mickey, sauf que chez moi Mickey porte une immonde veste jaune moutarde, une moustache en tire-bouchon – si si c’est possible – et se tapis derrière une grande et effrayante porte rouge, marquée « Monsieur Le Principal »).

Des questions plus palpitantes les unes que les autres s’enchaînaient dans ma tête : « Est-ce qu’ils vont bien me filer la 4è D en classe principale comme je l’avais demandé ? », « Est-ce que j’aurai enfin mon vendredi aprèm ? », « A quoi ressembleront les nouveaux ? »…


Arrivée un peu avant 10h, je file chez Brigitte la secrétaire : « alors, j’ai bien la 4ème D ? » « Oui ! » Cool ! Y’a ce taré de Dylan B. à faire exclure rapidement, mais après ça elle sera top cette classe. Et puis je pourrai suivre la petite Marion que j’avais aussi l’an dernier, qui a redoublé et que son père met jamais à l’école sauf quand je lui gueule dessus au téléphone. Ouais, ça va le faire.


Après une trentaine d’embrassades et quelques papotages, nous voilà sagement assis prêts à écouter le chef :

- traditionnelles présentations pour les nouveaux (avec Stéph et J-B on fait le concours tous les ans de celui qui fera la prestation la plus originale : cette année, victoire par KO de PipoGirl qui, avec son salut à la reine Elisabeth, s’est déjà fait imposer un sacré respect de la part des stagiaires. Et pas que.)

- résultats du brevet (remerciements aux profs de maths, français et histoire-géo. Euh, on aurait pas oublié PipoGirl et CansonMan ??? L’épreuve d’histoire des arts, ça a quand même rapporté 2 points supplémentaires à Maxence, Jessica et Justine, les 3 seuls à avoir bien voulu la passer. Et encore, après que je les ais suppliés en leur promettant de les laisser taper 5 minutes sur la batterie et leur faisant miroiter un max de carambar.)

- et petit speech que tout le monde s’en fout (nous tout ce qui nous intéresse c’est nos emplois du temps)


Après 1 heure 30 de palpitations (« Stéph j’en peux plus, essaie de lui chiper les emplois du temps discrétos, le mien il est au-dessus de la pile ! »), de commérages (« y’a pas à dire, le fuschia ça lui va pas à la CPE ») et de blagues pourries pour faire passer le temps, ça y est, je l’ai enfin entre les mains : j’ouvre le dossier, les mains tremblantes, et là, y’a un truc qui cloche… « Eh Brigitte, l’imprimante elle a beugué, c’est tout vide au milieu ! » Ah bein non, c’est bien ça : lundi et vendredi blindés, mais entre deux, rien : juste trois heures perdues le mardi. « Euh… et mon vendredi aprèm ??? » « Oh ça va hein te plains pas, te vlà maintenant avec deux week-ends dans une seule semaine ! » Hum, oui, c’est pas faux… Et puis ça me fera des économies d’essence.


Un apéro suspect et un repas ignoble plus tard (punaise pour 10 euros j’aurais mieux fait d’aller voir Ronald qui crèche à 5 minutes de là), c’est réunions pédagogologiques tout l’aprèm : ça me fait toujours rire le « vous vous réunissez par matière ». Pas de souci au sein de mon équipe de musique, ils sont tous exceptionnels (bein oui, y’a que moi)

Alors ces deux heures de réunion se transforment en furetage dans les différentes salles : anglais, techno, maths... Surtout maths. C’est les plus rigolos ceux-là.


Et même que je finis la journée en mettant ma petite étiquette « Education musicale » dans tous les cahiers de texte des classes pour être sûr qu’on me laisse une ‘tite place car Alejandro le prof d’espagnol il doit croire qu’en musique on fout que dalle puisqu’il se réserve 3 onglets à lui tout seul (alors que mi-octobre il aura déjà arrêté de le remplir, c’te feignasse)

Posté par pipogirl à 22:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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